Le blog Ayel Essentiel

Du recrutement intentionnel à la QVT

Derrière chaque décision managériale, chaque recrutement, chaque tension d'équipe — il y a une histoire humaine.

Ce blog est un espace de réflexion et de ressources pratiques, pensé pour les dirigeant·es, managers et responsables RH de TPE et PME qui souhaitent construire des environnements de travail où il fait bon évoluer.

Vous y trouverez des articles sur le recrutement intentionnel, la qualité de vie au travail, le management bienveillant et le journaling professionnel comme outil de décision.

Parce que la relation est au cœur de toutes nos actions.

 

 

14. mai 2026

Quand la gestion d'un conflit au travail prend un air de… thérapie de couple

Entre un N+1 qui donne des ordres et un collaborateur qui s'alimente de reproches, le clash devient inévitable. Et si la clé était simplement de remettre chacun à sa juste place ?

Lorsque la communication entre un manager et son collaborateur devient fragile, ou inexistante, quelque chose d'étrange se produit. Les incompréhensions s'installent. Les interprétations prennent de la place. Beaucoup de place. Et l'on se retrouve, presque sans s'en rendre compte, dans cette dynamique si familière : deux personnes qui ne se parlent plus vraiment, mais qui réagissent l'une à l'autre, à l'affect, à l'histoire accumulée. Comme dans une relation de couple qui déraille.

Quand le lien professionnel se noue… et se noue

C'est une série de nœuds qui se forme progressivement. Un e-mail mal formulé. Une directive qui tombe comme un verdict. Un silence interprété comme du mépris. Un feedback perçu comme une attaque. Chaque petit incident s'accumule et finit par former une masse opaque : impossible de prendre du recul, impossible de voir clair.

Le conflit, dans ce contexte, ne naît pas d'un désaccord frontal. Il naît d'un manque de clarté. Lorsque les objectifs ne sont plus partagés. Lorsque les moyens pour les atteindre ne sont plus fournis. Lorsque les directives deviennent plus autoritaires que solidaires.

On ne parle plus d'une équipe qui collabore. On parle d'un donneur d'ordres face à un collaborateur qui s'est replié dans ses ressentis : jugements, reproches, interprétations. Le terrain est miné. Le clash est inévitable.

À retenir : les troubles psychosociaux liés aux conflits managériaux sont désormais la première cause des arrêts longs. Un conflit non résolu ne coûte pas qu'en tensions, il finit sur un arrêt de travail.

Le sentiment d'injustice, ce refrain qui paralyse

Une fois que les émotions prennent le dessus, et elles le font toujours, à un moment donné — la colère et l'incompréhension deviennent un refrain. Un refrain que l'on rejoue en boucle, en réunion, dans les couloirs, dans sa tête le dimanche soir. Ce refrain empêche les équipes de fonctionner.

Et pourtant, ce n'est pas de la mauvaise volonté. C'est de l'humain. Un collaborateur qui se sent injustement traité ne peut pas performer comme si de rien n'était. Ses ressentis, même non exprimés, pilotent implicitement sa concentration, son engagement, sa disponibilité mentale.

"Derrière chaque levier de motivation, il y a une histoire humaine."

C'est précisément là que la gestion du conflit rejoint, en quelque sorte, la logique thérapeutique du couple : avant de parler de performance ou d'objectifs, il faut d'abord vider l'abcès. Reconnaître ce qui s'est passé. Créer un espace où les deux parties peuvent s'exprimer, sans mettre de côté les ressentis, mais sans non plus les laisser gouverner la relation professionnelle.

À retenir : un salarié en conflit ou en souffrance n'est pas absent — il est là, mais pas vraiment. Le présentéisme et la baisse de performance silencieuse sont les coûts les plus difficiles à voir et les plus coûteux à long terme.

Crever l'abcès, oui. Mais avec méthode

Mettre tout à plat ne signifie pas livrer ses émotions brutes comme dans une dispute. Cela signifie s'exprimer de manière professionnelle, structurée, en reconnaissant ce que l'on ressent sans pour autant le projeter sur l'autre.

Manager comme collaborateur ont un rôle à tenir. Le manager ne peut pas endosser le costume de l'inspecteur des travaux finis sans jamais incarner le soutien de proximité. Le collaborateur ne peut pas rester dans l'attente passive que les choses changent d'elles-mêmes.

La résolution d'un conflit de cette nature passe par trois temps essentiels : 

Libérer : nommer ce qui s'est passé, sans attaque ni victimisation. Dialoguer: créer un espace d'échange bilatéral, où chacun entend l'autre sans préparer sa réponse. Décider : co-construire un nouveau cadre relationnel, avec des règles du jeu claires et partagées.

"Chacun à sa place, et le troupeau sera bien gardé "

Cette expression populaire résume mieux qu'un long discours ce que l'on cherche à rétablir dans une relation managériale conflictuelle : la juste place de chacun. Ni trop proche, ni trop distant. Ni dans la fusion, ni dans l'indifférence.

Un manager à sa place, c'est quelqu'un qui donne du sens avant de donner des objectifs. Qui accompagne avant de contrôler. Qui reconnaît avant de corriger.

Un collaborateur à sa place, c'est quelqu'un qui exprime ses difficultés sans attendre que la situation devienne insupportable. Qui pose des questions plutôt que de s'alimenter d'interprétations. Qui distingue ce qui relève du professionnel et ce qui relève du ressenti personnel.

Et si les chiffres parlent d'eux-mêmes, ils disent surtout une chose : le conflit au travail n'est pas une exception. C'est une réalité structurelle, que l'on continue pourtant de traiter comme un incident isolé.

La vraie question n'est pas de savoir si un conflit va naître. C'est de savoir si l'on sera prêt à le traverser avec méthode, avec posture, et avec cette conviction que la relation est au cœur de toutes nos actions.

"La relation est au cœur de toutes nos actions."

Tips journaling · Ayel Essentiel

Dénouer un conflit par l'écrit-un exercice pour retrouver sa posture-Manager · DRH · DirigeantCollaborateur

1-Prendre du recul, voir la situation dans son ensemble :

Avant tout, sortir du cœur du conflit. Déposer le rôle. Observer la situation comme si vous la regardiez de l'extérieur.

Si je devais décrire cette situation à quelqu'un qui ne connaît ni moi, ni mon équipe, que dirais-je ? Qu'est-ce qui se passe vraiment ?

2-Remonter les faits, sans émotions, sans ressentis :

Reconstituer la chronologie factuelle des événements. Uniquement ce qui s'est passé, dit, décidé. Pas ce que vous en avez pensé ou ressenti.

Le… (date), voici ce qui s'est passé concrètement… Ce qui a été dit, ce qui a été fait, ce qui a changé.

3-Se libérer, écrire ses émotions et ressentis :

Un paragraphe libre, sans filtre, sans censure. Ce que vous ressentez vraiment. Ce qui pèse. Ce qui irrite. Ce qui blesse. C'est pour vous, pas pour l'autre.

Quand je pense à cette situation, ce que je ressens c'est… Ce qui me pèse le plus c'est… Ce dont j'ai besoin et que je n'ai pas, c'est…

4-Retrouver sa posture, mes ressources disponibles :

Lister les ressources concrètes à votre disposition : personnes de confiance, outils de médiation, formations, espaces de supervision, pairs, coach. Ce qui peut soutenir un retour à une communication saine.

Les personnes, les outils et les espaces sur lesquels je peux m'appuyer pour retrouver ma posture de manager sont…

Question de clôture

Quelle est l'action qui me mènera à cet objectif ? Un pas que je dois faire pour me réaligner à mes valeurs et sortir de ce conflit.

A explorer :

Ce qui ressort des données les plus solides :

Arrêts maladie — les pathologies psychologiques représentent plus de 40 % des dossiers d'arrêts longs, et les maladies professionnelles liées aux troubles psychosociaux ont bondi de +117 % entre 2019 et 2023. C'est le lien le plus direct entre conflit managérial et arrêt de travail. Groupe APICIL

Démissions — remplacer un collaborateur expérimenté coûte environ 150 % de son salaire, et jusqu'à 300 à 400 % pour un expert. Le coût du désengagement représente plus de 14 000 € par an et par collaborateur. NesspayZest

Prud'hommes — plus de 100 000 affaires nouvelles par an, un taux d'appel proche de 60 %, et un délai moyen de traitement de 16,7 mois. Dans 88 % des affaires initiées par des salariés, la demande est liée à la rupture du contrat de travail. AEFinfoAEFinfo

Performance — seuls 5 % des salariés ressentent un fort sentiment de sécurité psychologique, et les équipes combinant performance et sécurité psychologique passent deux fois moins de temps en situation de conflit. Préventica

"Evitons cela, soyons responsables et humbles""

https://www.ayelessentiel.com

Audrey Laye

Fondatrice - Ayel Essentiel

Retour

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Une erreur s'est produite lors de l'envoi de votre message. Veuillez réessayer.

Contrôle de sécurité

Code Captcha invalide. Essayez à nouveau.

Information icon

Nous avons besoin de votre consentement pour charger les traductions

Nous utilisons un service tiers pour traduire le contenu du site web qui peut collecter des données sur votre activité. Veuillez consulter les détails dans la politique de confidentialité et accepter le service pour voir les traductions.